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GIGN, prise d'otage du vol alger paris

GIGN, prise d'otage du vol alger paris retour en arrière sur une des interventions du GIGN les plus célèbres

Mis en ligne le 09/12/2008 - 00H08
Algérie - 1990
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Le 24 décembre 1994, le Vol d'Air France Alger-Paris est détourné par des membres du GIA. Le contrôle de l'avion sera repris grâce à l'intervention du GIGN.

Un Vol Air France reliant Alger à Paris, avec 251 passagers et 12 membres d’équipage, est détourné le 24 décembre 1994 par des membres du GIA (Groupe Armé Islamique). Les terroristes envisagent alors de faire exploser l’avion en plein vol ou encore de la faire s’écraser sur la Tour Eiffel.

Après 54 heures de terreur et d'angoisse, les otages sont libérés sur l'aéroport de Marignane par le GIGN, rendu médiatique et populaire lors de cette opération.

Les terroristes sont tués lors de l’assaut.

Aéroport d’Alger (Algérie)

Le 24 décembre 1994, 4 hommes armés, Abdoul Abdallah Yahia et 3 compagnons, pénètrent dans l’avion d’Air France AF8969. Ils se présentent aux membres de l’équipage comme de simples policiers et commencent à vérifier le passeport des passagers.

Inquiets de voir l’avion être immobilisé, les autorités algériennes demande la présence des « ninjas » (équivalent du GIGN en Algérie) à proximité de l’appareil. Les 4 terroristes aperçoivent les « ninjas » et prennent rapidement peur. Ils sortent alors armes et explosifs et déclarent aux passagers être des « mujâhidîn ».

Après avoir imposés quelques règles à bord de l’appareil (comme d’obliger les femmes à se voiler), le commando décide de revendiquer les libérations d’Abbassi Madani et d’Ali Belhadj (2 responsables du Front Islamique du Salut).

Les autorités algériennes refusent. Un policier algérien, faisant parti des otages, est abattu et jeté par la passerelle avant de l’avion. Les assaillants menacent alors de tuer d’autres otages si l’avion ne recevait pas l’autorisation de décoller.

Constatant que la situation devenait « tendue » et que les autorités algériennes refusaient d’obtempérer, la cellule de crise de Paris prend la décision de laisser l’avion s’envoler et d’éviter un massacre. En échange de cette autorisation, Edouard Balladur, 1er Ministre français, négocie la libération des femmes et des enfants. Les terroristes acceptent et libèrent 63 passagers.

La tension augmente à nouveau d’un cran lorsque les autorités algériennes prennent le parti d’aller contre les négociations en cours. Ils interdisent donc aux « ninjas » de reculer la passerelle pour empêcher l’avion de décoller. Ils choisissent également de faire intervenir la mère de Yahia par radio afin qu’elle tente de faire renoncer son fils. Fou de colère, Yahia exécute un nouvel otage, un diplomate Vietnamien.

A 21h30, Yannick Beugnet, employé à l’ambassade de France, est choisi par le commando pour transmettre un message à la tour de contrôle : Si l’avion ne décolle pas rapidement, il sera abattu.

Les négociations étant restées au point mort entre les autorités algériennes et françaises : le jeune homme est exécuté à 22h d’une balle dans la tête et son corps jeté hors de l’avion.

Edouard Balladur, ayant appris la présence de bâtons de dynamique dans l’appareil, propose l’intervention du GIGN. Mais le gouvernement algérien refuse et interdit au groupe d’intervention, mené par Denis Favier, d’atterrir sur le sol algérien. Ils atterrissent donc le plus près possible : à Majorque.

Parallèlement à cela, le 1er Ministre français exige du gouvernement algérien, l’autorisation de décollage de l’avion d’Air France sous peine de le dénoncer à la communauté internationale.

Le 26 décembre, l’avion décolle enfin d’Alger, 40 heures après la prise d’otage.

A cet instant précis, les autorités françaises peuvent enfin mettre en place leur stratégie. La tour de contrôle contacte secrètement Yahia pour lui indiquer que leur réserve de carburant ne leur permettrait pas un vol direct jusqu’à Paris et qu’une escale était nécessaire pour ravitailler l’appareil. Il est donc décidé de faire atterrir l’avion à Marseille. Denis Favier et son équipe du GIGN décollent alors de Majorque pour Marseille avec 20 minutes d’avance sur le vol AF8969.

Aéroport de Marseille (France)

L’avion se pose sur le tarmac de l’aéroport de Marseille vers 3h30 du matin.

Après s’être reposés, les terroristes reprennent contact et demandent 27 tonnes de carburant pour redécoller vers Paris afin d’y organiser une conférence de presse. Cette requête vient conforter les informations de Charles Pasqua, Ministre de l’Intérieur, qui soupçonné Yahia de vouloir organiser une « opération suicide » au dessus de Paris. En effet, 8 tonnes de carburant suffisent pour relier Marseille à Paris…

Les responsables français expliquent alors aux preneurs d’otage que les journalistes du monde entier se trouvent à Marseille et qu’il n’est donc pas nécessaire de partir pour Paris s’ils souhaitent s’adresser à la presse.

Pris au dépourvu, Yahia accepte l’organisation de la conférence à Marseille et regroupe ainsi tous les otages à l’arrière de l’appareil pour pouvoir « recevoir » les journalistes dans l’avion.

L’organisation de cette conférence de presse permet alors aux autorités françaises de gagner du temps et aux terroristes de puiser un peu plus sur leur réserve physique car ils semblaient effectivement de plus en plus fatigués.

Peu après 17h00, le GIGN est prêt à intervenir. Yahia ordonne soudainement le déplacement de l’avion près de la tour de contrôle. Le GIGN doit donc se replier et se réorganiser. Pour justifier du retard de la conférence de presse, les autorités expliquent aux terroristes que les journalistes ne sont pas prêts. Excédé par la situation Yahia fait mitrailler la tour de contrôle.

L’assaut final

Sous l’objectif des caméras de télévision, 3 passerelles motorisées sont envoyées à l’assaut de l’avion dès le top du Capitaine Denis Favier :

2 passerelles de 11 hommes chacune vers les portes arrières de l’appareil

1 passerelle de 9 hommes vers l’avant de l’avion.

Les membres du GIGN rencontrent quelques difficultés pour ouvrir la porte avant de l’avion. L’escalier motorisé sur lequel ils se trouvent, bloque l’ouverture de la porte. L’escalier est donc reculé puis avancé de nouveau, blessant l’un d’entre eux.

Un terroriste est tué lors de l’assaut du cockpit.

Les otages sont évacués par les toboggans de secours à l’arrière de l’avion.

Le copilote se jette d’une fenêtre du cockpit et fait une chute de 7 mètres. Il ne s’en sortira qu’avec un bras cassé. Le commandant de bord et le chef mécanicien sont, quand à eux, encore présents dans le cockpit avec un des terroristes, armé d’un AK-47. Celui-ci s’opposera presque 20 minutes au GIGN avant d’être abattu d’une balle dans le cœur.

Les 2 autres terroristes seront également tués lors de l’attaque finale.

En tout, environ 10 membres du GIGN seront blessés lors de l’assaut. Notamment le Capitaine Favier. 13 passagers et 3 membres d’équipage le seront également.

L’opération est un succès, elle restera l’un des plus beaux succès du GIGN, qui s’en sert encore aujourd’hui comme référence lors des formations faites aux services de sécurité étrangers.

Le détournement du vol AF8969 peut être considéré comme la première tentative d’attentat par voie aérienne bien avant ceux du 11 septembre 2001 à New York.

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